Adobe Photoshop CS5 : les nouveautés

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Cet article n'a d'autre but que de vous présenter les principales nouveautés de Photoshop CS5, en texte et en vidéos.
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I. Introduction

Photoshop CS5 est la dernière version disponible du logiciel tout public d'imagerie d'Adobe, sortie en mai 2010. Cette version propose différentes nouveautés fort intéressantes, voire même alléchantes ; je vous invite d'ailleurs à regarder les vidéos apéritives sur le site d'Adobe. Nous allons ici en passer en revue un certain nombre, celles que j'ai jugées les plus intéressantes. Ce choix ne sera par conséquent pas guidé par la raison, ne vous plaignez donc pas de n'y pas voir une fonctionnalité très importante pour vous.

Certaines vidéos proviennent de deux formations de video2brain, Adobe Photoshop CS5 : les fondamentaux et Les nouveautés d´Adobe Photoshop CS5.

I-A. 64 bits et Adobe Creative Suite 5

Photoshop CS4 était déjà disponible en version 64 bits, pour Windows uniquement. La version CS5 apporte le 64 bits aux machines estampillées de la pomme. Il vous faudra disposer d'un processeur compatible et d'un système d'exploitation prévu pour cette architecture de processeurs. Vous pouvez vérifier cela dans les informations système (onglet System de Windows Vista et 7, option About This Mac du menu Pomme, More information, Software, 64-bit Kernel and Extensions sous Mac OS X).

Vous vous demanderez probablement quels sont les avantages du 64 bits. Ils sont multiples mais ne concernent pas tout le monde. Si, par exemple, vous ouvrez tout au plus deux images en même temps, de dimension fort réduites, avec très peu de calques, vous ne verrez que très peu de différences. Par contre, si vous êtes dans les plus gourmands en ressources par image, le 64 bits permettra notamment à Photoshop de charger plus de deux gigaoctets en mémoire, dépassant la limite habituelle : vos 4, 8 ou 16 Go de RAM sont désormais utilisés par Photoshop, que ce soit sur PC ou Mac.

Les opérations sur les poids lourds deviennent dès lors bien plus rapides : pour Photoshop CS4, un fichier de 2 Go était traité quinze fois plus vite en 64 bits qu'en 32 bits. Les fichiers s'ouvrent et s'enregistrent en moyenne six fois plus vite, toute l'interface se retrouve fluidifiée.

Ces améliorations sont telles qu'Adobe a décidé d'arrêter le support des logiciels de traitement vidéo de la CS5 en 32 bits, préférant se concentrer sur l'amélioration des versions 64 bits. Pour ne léser personne, les versions CS4 de After Effects et Premiere Pro sont disponibles sur les DVD : quand le matériel sera compatible 64 bits, l'utilisateur pourra sans tarder passer aux nouvelles versions.

Vous pouvez trouver plus d'informations dans l'étude demandée par Adobe sur ce sujet (en anglais).

I-B. Photoshop CS5 et le GPGPU

Vous serez probablement surpris par le titre de cette section. Par un mot en particulier, le barbare GPGPU, l'acronyme de General Purpose Graphics Processing Unit. En des termes plus compréhensibles du grand public, nous dirons qu'il s'agit de l'ensemble des technologies qui permettent d'utiliser la formidable puissance cachée dans les processeurs graphiques à des fins plus générales, comme le traitement du signal audio ou, dans ce qui nous intéresse, le traitement d'images. Photoshop l'utilise notamment pour le rendu de fichiers 3D en ray-tracing, une technique de rendu extrêmement coûteuse en termes de ressources matérielles.

Photoshop tire donc parti de votre processeur graphique pour fluidifier l'interface, le rendu de certains effets, etc. Cependant, n'espérez pas obtenir beaucoup de votre processeur ancienne génération (des années 90, par exemple). Il vous faudra une puce capable de gérer OpenGL 2.0, les Shader Models 3.0 et possédant au moins 256 Mo de VRAM. Soit tout GPU assez récent. Adobe met à disposition la liste des cartes testées. Voir aussi le support des GPU et d'OpenGL sur le site d'Adobe.

Quelles sont les parties de Photoshop à bénéficier de cette technologie, remarquablement difficile à maîtriser ? Adobe cite le rognage d'images à l'aide d'une grille basée sur la fameuse règle des tiers, le zoom ainsi que les échantillons de couleur mieux visualisés. Regardez plutôt la différence de performances quand cette option est désactivée.

Si vous désirez plus d'informations techniques sur le GPGPU, consultez la FAQ GPGPU. Pour le ray tracing, vous pouvez lire la série d'articles de Matthieu Brucher concernant la réalisation d'un ray tracer interactif.

II. Principales nouveautés de la CS5

II-A. Les sélections complexes deviennent simples

Tout d'abord, débutons par un petit rappel. À quoi peut donc bien servir une sélection ? Eh bien, à une foultitude de choses.

Première utilité, quand une zone d'image est sélectionnée, vous pouvez triturer autant que vous le désirez l'image, seule la partie sélectionnée sera touchée, tout le reste sera protégé par la sélection.

De même, il est possible de sélectionner une zone pour la déplacer (n'oubliez pas alors de changer d'outil pour passer à l'outil Déplacement - raccourci clavier : V). Une zone sélectionnée peut aussi être copiée dans une autre image ; de là, vous pouvez séparer un calque en plusieurs calques grâce à la sélection et à l'option appropriée dans les menus : Photoshop n'a aucun mal à séparer les différents plans d'une image, il suffit de lui demander approximativement là où vous souhaitez voir des changements de plans. Ce sont là quelques utilisations possibles de la fonction. Elle est tout simplement indispensable. À un point tel que tout logiciel de traitement d'images en dispose (oui, même Paint !). Photoshop est un logiciel prévu pour l'industrie de l'image ; un professionnel doit pouvoir sélectionner rapidement et précisément. C'est pourquoi cette fonction a été maintes fois améliorée. Photoshop CS5 ne fait pas exception à la règle.

Ainsi, cela fait un certain temps que des outils extrêmement utiles et automatiques existent. Par exemple, la baguette magique, très appréciée des plus débutants pour sa simplicité extrême. Elle n'est pas la seule. Il y a aussi la série de lassos : soit très simple, sans automatisme ; soit polygonal, pas beaucoup plus intelligent ; soit magnétique : là, il suffit de pointer les endroits que vous souhaitez sélectionner et Photoshop les sélectionnera en fonction du contraste.

Cependant, ces outils ne répondaient pas toujours aux besoins des professionnels de l'image. S'ils devaient sélectionner des cheveux, la tâche était beaucoup plus ardue. Comment sélectionner suffisamment précisément ce genre d'objets ? La réponse n'était pas aisée. Maintenant, elle l'est. Pour preuve, la vidéo suivante : l'outil de sélection rapide fonctionne très bien en tant que pinceau pour débuter mais la sélection ainsi formée peut être améliorée fortement grâce aux nouvelles options. Voyez en vidéo : des sélections qui autrefois n'étaient pas possibles simplement le sont maintenant, avec un simple pinceau virtuel, sans précision record requise.

II-B. Respect du contexte : suppression et déplacement d'éléments

Avec Photoshop CS4, une option permettant de redimensionner en fonction du contenu est apparue ; Photoshop réduisait beaucoup plus les parties qu'il jugeait non importantes pour le contenu (un ciel dans un portrait, par exemple), tandis que les zones les plus importantes n'étaient réduites que si cela s'avérait nécessaire. Pour plus de détails sur cette fonctionnalité, je vous renvoie vers la section appropriée de mon précédent tutoriel sur Photoshop CS4.

Le grand luxe arrive avec Photoshop, cuvée CS5. En effet, de nouveaux outils vous permettent désormais de supprimer du contenu... et de voir l'arrière-plan se remplir ! Déplacez un élément avec les outils de sélection puis de déplacement et... tout se fait comme si cet élément n'y avait jamais été !

Certains défenseurs du logiciel libre, que je qualifierai personnellement d'intégristes, répondront que le GIMP dispose depuis longtemps d'un plug-in qui remplit le même office, Resynthetizer. Signalons simplement qu'il s'agit là d'un plug-in, qui n'a pas été intégré de base dans le logiciel. Signalons aussi que le projet n'est plus maintenu depuis 2009 et qu'il n'est plus forcément compatible avec les dernières versions du GIMP.

En pratique, cela donne, sur un bateau :

III. Autres évolutions intéressantes

III-A. Le HDR

Ici aussi, petit rappel introductif. Le HDR, késako ?

HDR : acronyme de High Dynamic Range. Dit autrement, cette technique vous permet d'obtenir des images avec des détails et dans les zones les plus claires et dans les zones les plus foncées, en prenant plusieurs expositions photographiques de la scène et en les combinant. Ce n'est pas la seule technique, il est aussi possible de « déboucher » les ombres en jouant avec les courbes, les polychromies et autres mais elle ne donne pas le rendu le plus réaliste (en réalité, trop réaliste, à un point tel que l'image n'est plus perçue comme possible par le cerveau humain). Cependant, dans certains cas, elle est la seule et l'unique possible. Il est donc bien pratique de pouvoir l'utiliser en cas de besoin.

De quoi avez-vous besoin pour une fusion HDR ? De plusieurs images (généralement, des photographies, cette technique peut cependant être utilisée pour des rendus provenant de moteurs 3D ou autres), à des niveaux d'exposition différents : une photo qui détient les détails pour les zones les plus claires, une pour les zones plus sombres, une plus intermédiaire. La vidéo vous expliquera que trois clichés sont nécessaires ; c'est faux, deux suffisent ; c'est vrai, il en faut trois pour obtenir un résultat satisfaisant.

Une fois que vous avez vos trois clichés, passez dans Bridge pour les envoyer au nouveau module HDR Pro, qui vous permettra de régler finement la fusion qui va être effectuée. N'enregistrez pas l'image résultante en 8 bits par couche, préférez le 16 ou le 24 bits, vous perdriez beaucoup dans les zones débouchées. Pour l'impression, vous devrez repasser au 8 bits, Photoshop vous proposera de faire un tone mapping HDR, évitant ainsi de perdre trop des informations récupérées.

8 bits par couche ? Qu'est-ce que cela signifie donc ?
Photoshop, en tant que logiciel, utilisant l'informatique, basée sur les mathématiques et les nombres, ne peut pas stocker une information sans la coder sous forme de nombres. D'habitude, il code les couleurs sur les trois canaux RVB (rouge, vert, bleu ; en anglais, RGB) ; avec 8 bits, il peut avoir jusqu'à 256 nuances par canal, soit 65 536 couleurs en tout. Pour une photographie habituelle, c'est bien suffisant ; pour du HDR, on a récupéré des informations bien en dehors de cette plage, les enregistrer en 8 bits serait bien dommage car elles s'évanouiraient...

Pour plus de détails sur le HDR, son historique, des exemples d'utilisation et de résultats, etc., n'hésitez pas à consulter mon tutoriel sur la fusion d'images avec Photoshop.

III-B. Des options d'impression

L'impression. Certains vous diront que c'est simple. Ceux-là n'ont jamais tenté d'imprimer une épreuve ou un rendu final. Une foultitude de paramètres doivent être définis pour finalement arriver au rendu désiré. Une grande partie se déroule en dehors de Photoshop : choix du papier, de l'imprimante, etc. Une partie cependant gagnait à être améliorée, toute la partie logicielle. Tentez maintenant de sélectionner un panel d'options pour imprimer une image. Comme par magie, Photoshop les sauvegardera et vous les reproposera automatiquement dès que vous retournerez dans le menu d'impression.

Vous deviez choisir un profil de couleurs pour vos imprimantes dans toute une liste ? Désormais, les profils les plus utilisés se retrouvent en début de liste. Il n'y a plus de centaines d'éléments à parcourir pour trouver le profil voulu, il est en tête de liste.

Pour les utilisateurs les plus avancés, signalons que l'impression est aussi scriptable. Dans une image, commencez un nouveau script, sélectionnez les paramètres désirés ; dans une autre image, lancez ce script : les paramètres sont importés dans cette image ! Utilisation possible : si vous avez un certain nombre d'imprimantes et que vous utilisez toujours les mêmes réglagles pour les mêmes imprimantes, créez un script par imprimante, il vous suffira de le lancer pour récupérer les paramètres de cette imprimante.

III-C. Mini Bridge

Avec Photoshop CS2, Adobe nous proposait Bridge. Une énorme avancée par rapport aux versions précédentes, une application en dehors de Photoshop pour visualiser ses photos. Plus besoin de lancer Photoshop, une application très légère et très bien intégrée suffisait ; les corrections simples s'y effectuaient également. Gain de temps pour bon nombre d'utilisateurs, évidemment.

Cependant, à chaque nouvelle image à charger, il fallait sortir de Photoshop. Pas si pratique que ça, au final. Adobe a donc eu l'immense idée d'intégrer l'essentiel de Bridge à l'intérieur même de Photoshop, sans planquer l'option dans les menus : voici MiniBridge. Grâce à lui, un simple glisser-déposer suffit pour ajouter une image en tant que calque dans une autre, par exemple. Pour charger de multiples images, plus besoin d'un aller-retour incessant, vous avez toujours tout sous les yeux : les images à possiblement intégrer et l'image de destination.

MiniBridge n'a pas été conçu pour remplacer Bridge, loin de là : MiniBridge est prévu pour fonctionner à l'intérieur de Photoshop, ne permettant, grosso modo, que d'ouvrir de nouvelles images. Bridge reste là, en stand alone, pour les étapes de choix, d'organisation des images (les collections, les labels sont d'ailleurs prévus à cet effet).

MiniBridge est accessible à différents endroits de l'interface : un nouveau bouton, intitulé Mb, à la droite de la barre de menus, permet d'y accéder ; il est aussi accessible via le menu Fichier ; il est finalement possible de l'ouvrir par le biais du menu Fenêtre > Extensions > MiniBridge. Il apparaîtra en tant que nouvel onglet sur votre écran, positionnable où vous le souhaitez ; dès qu'il n'est plus requis, il est possible de le réduire ; mettez-le là où vous le voulez dans l'interface, c'est un des grands avantages des dernières versions du logiciel.

III-D. De nouveaux espaces de travail

Les espaces de travail sont des dispositions de palettes d'outils. Photoshop dispose depuis la CS4 de divers espaces, prévus pour des besoins différents : Conception, Photographie, 3D... La version CS5 ajoute quelques nouveautés. Vous pourrez désormais quitter un espace sans vous soucier de l'emplacement des divers panneaux : il sera sauvegardé. La liste des panneaux disponibles a été enrichie, il est désormais possible de redimensionner la zone réservée aux boutons d'accès aux panneaux, faisant qu'il est devenu très facile de passer d'un espace à un autre en fonction de ses besoins. Étant donné qu'il est possible de définir ses propres espaces, l'interface utilisateur devient extrêmement flexible, facile à adapter à ses besoins... du moment !

Évidemment, en cas de besoin, vous pourrez toujours réinitialiser l'espace de travail actuel et revenir à la disposition par défaut. L'ordre des boutons des espaces de travail s'adapte avec un simple glisser-déposer.

Cette fonction de personnalisation va encore plus loin que la gestion de quelques panneaux. Un espace de travail peut aussi enregistrer un jeu de menus à afficher (quoi de plus agaçant que de rechercher à travers des menus kilométriques l'option désirée au milieu de libellés dont vous n'aurez jamais besoin ?) ; de plus, les raccourcis peuvent être adaptés en fonction de l'espace ! Si vous migrez depuis un autre logiciel pour une partie spécifique, vous pourrez recréer une grande partie de l'interface dans Photoshop et ne pas vous sentir perdu, sans devoir réapprendre entièrement un nouveau logiciel.

IV. Conclusion

Malgré un bug extrêmement ennuyant sur Windows 7 en 64 bits (Photoshop requiert les droits d'administrateur pour se lancer, ce qui rend impossible l'envoi de fichiers par Adobe Bridge ou par double-clic, il faut impérativement passer par le menu Fichier > Ouvrir ou par le MiniBridge), cette version est, comme Adobe nous en a donné l'habitude, un excellent cru. Toutes les nouveautés ne sont pas intéressantes pour tout le monde, un utilisateur très basique de Photoshop n'aura probablement pas d'intérêt à passer à cette version. Le professionnel, quant à lui, tirera aisément profit de ces nouveautés, grand gain de temps, quelle que soit sa spécialité : le photographe se réjouira des nouvelles possiblités de sélection et de correction basée sur le contenu, le photomontage bénéficiera du MiniBridge pour le chargement d'images, etc.

Merci à Bovino pour son soutien tout au long de la rédaction de cet article, à Marion de video2brain pour les vidéos de cet article ainsi qu'à eusebe19 pour sa relecture attentive !

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